Quel visa pour exercer une activité commerciale en Colombie ? Le guide 2026 pour les entrepreneurs francophones
Créer une entreprise en Colombie ou y travailler à son compte fait rêver de plus en plus de Français, de Belges, de Suisses et de Canadiens. Mais attention : toutes les visas colombiennes ne se valent pas. Depuis la Resolución 5477 de 2022, chaque visa précise exactement ce que son titulaire a le droit de faire, et exercer une activité commerciale sans autorisation expose à des amendes, à l'annulation du visa, voire à l'expulsion. Dans cet article, nous passons en revue les visas qui permettent réellement de travailler en Colombie, celles qui l'interdisent malgré les apparences, et un montage juridique parfaitement légal pour investir dans une société colombienne sans permis de travail : être actionnaire d'une SAS sans en être le gérant ni le représentant légal.
Le principe clé : le permis de travail est attaché au visa
En Colombie, il n'existe pas de permis de travail délivré séparément. L'autorisation de travailler est incluse, ou non, dans le visa lui-même. Elle peut être ouverte (toute activité licite, salariée ou indépendante) ou restreinte (limitée à l'employeur, au projet ou à la fonction qui a justifié le visa). Pour exercer le commerce en nom propre, s'inscrire comme comerciante au registro mercantil et gérer son affaire au quotidien, il faut en pratique un permis de travail ouvert.
Les visas qui permettent d'exercer une activité commerciale
- La visa R (résident) : le graal. Permis de travail totalement ouvert, elle s'obtient notamment après cinq ans de visas M cumulées.
- Les visas M à permis ouvert : conjoint ou compagnon permanent d'un ressortissant colombien, père ou mère d'un enfant colombien, réfugié. Ces visas autorisent toute activité économique licite, y compris le commerce indépendant.
- La visa Vacances-Travail (PVT) : grâce à l'accord bilatéral France-Colombie, les Français de 18 à 30 ans bénéficient d'un permis de travail ouvert pendant un an. Une porte d'entrée souvent méconnue pour tester un projet entrepreneurial.
- La visa M socio ou propietario : conçue pour l'entrepreneur qui veut diriger sa propre société. Elle exige toutefois un investissement enregistré d'au moins 100 salaires minimums colombiens (SMLMV), soit un capital conséquent, et le permis de travail reste limité à la gestion de cette société.
- La visa M trabajador : permis restreint à l'employeur qui vous embauche. Utile pour les salariés, inadaptée pour entreprendre.
Les visas qui ne permettent PAS de travailler : attention aux faux amis
C'est ici que beaucoup d'expatriés se font piéger.
- Le permis de tourisme (PT) : aucune activité lucrative autorisée. Fait surprenant, la chambre de commerce acceptera votre inscription sur simple passeport, car elle ne contrôle pas le statut migratoire. Mais exercer ensuite le commerce constitue une infraction migratoire, et votre matrícula mercantil pourrait même servir de preuve contre vous.
- La visa V negocios : elle permet de négocier des affaires, pas de travailler.
- La visa nomade digital : uniquement le télétravail pour des entreprises étrangères, jamais une activité locale.
- La visa M pensionado : très prisée des retraités français, elle ne comporte aucun permis de travail. Être nommé représentant légal d'une société reste possible sur le papier, mais exercer effectivement cette fonction depuis la Colombie est considéré comme une occupation non autorisée.
- La visa étudiant : pas d'activité commerciale indépendante.
Le montage légal pour investir sans permis de travail : actionnaire, ni gérant, ni représentant légal
Bonne nouvelle : détenir des actions d'une société colombienne relève de l'investissement, pas du travail. Aucun visa particulier n'est requis pour être associé, même unique, d'une SAS colombienne, laquelle peut se constituer sans capital minimum.
Le montage que nous recommandons à nos clients pensionados ou touristes investisseurs est le suivant :
- Constituer une SAS dont vous détenez 100 % des actions.
- Nommer un représentant légal tiers dûment habilité : un Colombien, ou un étranger titulaire d'un visa à permis de travail adéquat.
- Verrouiller les statuts : plafonds de signature, actes majeurs soumis à l'autorisation préalable de l'assemblée d'actionnaires. Vous gardez ainsi le contrôle réel de la société par la voie sociétaire, en toute légalité.
- Respecter la frontière : pas de signature de contrats commerciaux, pas de gestion du personnel au quotidien. Votre rôle est celui d'un actionnaire, et il doit le rester.
Cerise sur le gâteau pour les retraités : la visa M pensionado cumule du temps vers la visa R. Après cinq ans, le permis de travail ouvert vous permettra de reprendre vous-même la gérance et de vous passer du tiers.
FAQ : visa et activité commerciale en Colombie
Un touriste français peut-il s'inscrire à la chambre de commerce colombienne ?
Formellement oui, avec un passeport valide. Mais exercer le commerce avec un simple permis de tourisme viole le régime migratoire et vous expose à des sanctions.
La visa pensionado permet-elle de gérer sa propre entreprise ?
Non. Elle n'inclut aucun permis de travail. Vous pouvez être actionnaire, mais ni gérant actif ni représentant légal en exercice.
Quel capital minimum pour créer une SAS en Colombie ?
Aucun. La SAS colombienne se constitue avec le capital de votre choix, même symbolique.
Quelle est la visa la plus rapide pour entreprendre activement ?
La visa M socio/propietario, sous réserve d'un investissement enregistré d'au moins 100 SMLMV. Sinon, la visa R après cinq ans de visas M.
Faut-il un avocat pour monter ce type de structure ?
Un accompagnement professionnel est fortement recommandé : statuts, choix du représentant légal, enregistrement de l'investissement étranger auprès du Banco de la República. C'est précisément le cœur de métier d'Horizon Colombie.
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